Les troubles après l’accouchement ou le post-partum: les changements physiques et psychologiques

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Durant la période de 6 à 8 semaines qui suit l’accouchement, le corps va devoir revenir à la normale. Il passe par une série de modifications pouvant engendrer certains troubles physiquement et psychologiquement.

Le post-partum s’étale sur la période de 6 à 8 semaines qui suit l’accouchement. Durant cette période, que l’on appelle aussi les « suites de couches », le corps va devoir revenir à la normale pour, à la fin du processus, se terminer par ce que l’on appelle communément le retour de couches. C’est-à-dire plus prosaïquement, le retour des règles.

Les changements physiologiques liés au retour de couche

Sur le plan physiologique, ce post-partum se caractérise par différents phénomènes.

  • Tout d’abord, il y a l’involution utérine. Il s’agit du rétrécissement de l’utérus qui doit reprendre son volume et sa forme initiaux. Il est aidé en cela par les contractions qui sont d’ailleurs plus douloureuses et importantes chez les femmes qui ont déjà eu d’autres enfants et chez celles qui allaitent. 
  • Ensuite, il y a les lochies. Il s’agit des saignements qui se produisent durant 3 à 4 semaines après l’accouchement. Il ne faut évidemment pas confondre ces saignements avec des règles. Dans le cas présent, ces saignements servent à éliminer les caillots de sang restés dans l’utérus, des débris du placenta et éventuellement les suintements des plaies situées dans le vagin ou au niveau du col de l’utérus. Ces saignements sont d’abord rouge vif et peuvent s’accompagner de l’évacuation de masses plus compactes. Mais peu à peu, ils vont s’atténuer et s’éclaircir. Il peut arriver qu’après une dizaine de jours, alors que les saignements avaient tendance à disparaître, ils s’intensifient de nouveau, pour continuer ensuite leur lente régression. L’allaitement a ici du bon puisqu’il les fait disparaître plus rapidement !

D’autres complications du post-partum : incontinence urinaire, constipation, problèmes circulatoires
Les troubles mictionnels – comprenez des problèmes lorsqu’on fait pipi – ne sont pas rares après l’accouchement (post partum). Ils se traduisent chez certaines par une rétention urinaire (ne plus aller faire pipi) et une sonde urinaire peut en venir à bout. D’autres ressentiront des brûlures au moment d’uriner et là, il peut s’agir d’une infection urinaire à traiter par antibiotiques. Enfin chez d’autres, on constate une incontinence urinaire (perte incontrôlée d’urine) qui peut être travaillée par une rééducation spécifique de la vessie et des sphincters chargés d’empêcher la miction.

La constipation est aussi assez fréquente dès les premiers jours. Pour la combattre, il est conseillé aux jeunes mamans déjà de ne pas rester trop au lit mais de marcher et ce, dès qu’elles s’en sentent capables. On leur recommande aussi d’adopter une alimentation adéquate, riche en fibres, et de boire beaucoup d’eau.

On constate aussi la survenue de problèmes circulatoires qui peuvent mener à des phlébites au niveau des jambes. Chez les femmes à risque, le port de bas de contention peut s’avérer efficace.

Le Baby blues ou dépression du post-partum
Après l’accouchement, un état de déprime peut toucher la maman qui vient d’accoucher dans la semaine qui suit la naissance. Le baby blues est un phénomène tout à fait normal, qui disparaît généralement après quelques jours. Il se caractérise donc par différentes réactions comme cet état de tristesse sans raison objective qui peut aller jusqu’aux pleurs, des sautes d’humeur, de la fatigue, mais aussi un sentiment de culpabilité, une perte d’appétit, des troubles du sommeil et de la concentration. Le tout à des degrés très variables.

Ce fameux baby blues est une réaction à la chute brutale des hormones progestatives qui suit l’accouchement, mais aussi du stress et de la fatigue que provoque ce dernier. Et puis il y a aussi des causes d’ordre plus psychologique qui peuvent s’y ajouter, comme un sentiment d’incompétence par rapport à des nouvelles responsabilités, le changement de statut dans votre famille d’origine (vous n’êtes plus seulement la fille, vous êtes aussi la mère) ou composée (vous n’êtes plus seulement l’amante, mais aussi la maman), le décalage entre l’enfant rêvé et celui qui est là devant vous, etc.

De votre réaction dépendra le décours de ce baby blues : d’abord, acceptez-le comme une phase normale, qui arrive à une grande partie des jeunes mamans. Ne culpabilisez pas ! Reposez-vous autant que possible, car l’état de fatigue aggrave la déprime… Trouvez une personne de confiance (dans votre famille, parmi vos amis, voire à un professionnel de santé) et parlez-lui de ce que vous vivez. Confortez votre sentiment de compétence en vous occupant de bébé : vous verrez que vous y arrivez très bien !

Mais, si les sentiments dépressifs perdurent au-delà de 15 jours ou s’ils apparaissent 3 à 4 semaines après l’accouchement, il peut s’agir de la dépression du post-partum. Celle-ci peut durer des mois voire un an. La dépression du post-partum se caractérise par un sentiment de découragement, des pleurs, une perte de confiance en soi, la culpabilité, l’anxiété, l’irritabilité et l’épuisement et peut engendrer du désintérêt envers son enfant. Contrairement au baby-blues où la maman est encore capable d’assumer ses activités, la dépression du post-partum engendre une telle baisse d’estime que les mamans se sentent incapables de répondre aux besoins de leur enfant.

Une prise en charge rapide est donc primordiale dès l’apparition des symptômes. Or les mamans ont souvent honte et n’osent pas en parler pensant qu’elles sont de mauvaises mères. L’entourage joue donc un rôle important pour aider la maman dans la démarche d’aller consulter.

Dans tous les cas, la maman a besoin du soutien de son entourage car la naissance d’un enfant provoque un grand bouleversement.


Le traitement chez un psychologue
La jeune maman peut être victime d’un baby blues qu’elle n’arrive pas à surmonter seule. Et même sans cet effet bien connu, elle peut se sentir dépassée par les événements, voire par les émotions que cette naissance fait resurgir… Car l’arrivée d’un bébé dans la famille se fait rarement sans créer de nouvelles interrogations, de nouveaux doutes, de nouvelles organisations qui chamboulent une vie… Et le papa peut aussi ressentir ce mal-être qu’il n’arrivera pas nécessairement à régler sans une aide extérieure. C’est pourquoi la visite d’un psychologue peut être envisagée après la naissance d’un bébé, si elle s’avère nécessaire.

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